COURNONTERRAL, LE LIVRE

Samedi 9 septembre a eu lieu le lacement en fanfare de l’ouvrage conçu et édité par l’association Groupe de Recherche dans les Archives de Cournonterral, musique en tête fidèlement à la réputation de «festejaïres» des habitants de Cournonterral, car «indéniablement toutes les occasions leur sont bonnes pour faire la fête» comme il est précisé dans le livre. Ainsi les membres du GRAC nous présentent une somme de quatre cents pages, à l’iconographie riche et variée sur l’histoire du village depuis sa naissance jusqu’à nos jours. Plusieurs réponses ou tentatives de réponses sont apportées à de nombreuses questions relatives à cette histoire. Sur l’origine du nom d’abord, il pourrait être attribuée à la famille des Cornon, seigneurs du lieu pendant quatre siècles, «Terral» désignant une terre battue par le vent du nord-ouest. A travers un examen méticuleux de tout ce qui a fait la vie de la commune pendant des siècles, les lieux, l’environnement, les métiers, l’architecture, la viticulture, l’eau, l’éducation, les transports, la culture etc... nous avons dans ce livre un témoignage précieux sur l’histoire locale. On ne respecte bien que ce que l’on connaît, ainsi cet ouvrage pourrait faire oeuvre pédagogique et inciter au respect, à l’intelligence et au bon sens en cette période délétère qui assoit le pouvoir du béton et du bitume.

M. P.


LE CHEMIN DE FER A COURNONTERRAL
Jusqu’au Second Empire, la seule voie de communication vraiment efficace est la grande route qui relie Lyon à Béziers par Montpellier. Pourtant le trafic est intense, en particulier pour le transport du vin et de  tous les produits liés à la culture de la vigne.
La grande foire de Cournonterral qui avait lieu le 14 septembre depuis le XVIème siècle est un témoignage indéniable de l’intense activité commerciale et artisanale de la région. Elle pouvait durer jusqu’à cinq jours consécutifs et a présenté une grande attraction jusqu’au début du XXème siècle. Les échanges se faisaient alors depuis Montpellier pour la route et de Sète par la mer. Dès la moitié du XIXème siècle, Cournonterral et les communes voisines vont oeuvrer, parfois ardemment, pour bénéficier, au plus près, des voies de communications modernes, pratiques et efficaces : le chemin de fer.
Le premier projet de ligne, concernant la Compagnie du Midi, sur les tracés de l’ingénieur Michel, après de nombreuses démarches et des échanges passionnés, en particulier de la part du maire de Montbazin, Jules Donnadieu, n’engendra que ressentiment et déception : elle va favoriser la plaine, Saint Jean de Védas, Fabrègues, Gigean... au détriment des communes situées plus au nord. Un autre projet est alors envisagé par la Compagnie des Chemins de Fer d’Intérêt Local du Département de l’Hérault. Il mettra en service, non sans mal, la ligne Montpellier-Saint Chinian qui desservira Cournonterral. Mais beaucoup de temps va s’écouler entre la conception du projet et sa réalisation. La première ligne par cette compagnie est celle de Palavas-Montpellier. Seront ensuite projetées cinq autres lignes dont celle de Saint Chinian. La loi fut votée le 12 juillet 1865. Ce n’est que le 14 août 1867 que Napoléon III déclara les lignes d’utilité publique. Mais il ne fut pas très généreux sur les subventions accordées. Les élus locaux durent trouver alors un arrangement pour le financement, ils proposèrent un amendement, celui-ci ne fut signé par l’Empereur que le 4 août 1869. Vinrent ensuite des contentieux avec le maître d’oeuvre Henri Jorret qui ne furent résolus que le 31 août 1878. Mais face aux difficultés financières, l’entrepreneur fut déclaré en faillite le 9 août 1884? La compagnie évita la déchéance en signant une convention avec le département en août 1889, celle-ci stipulait que l’achèvement des travaux devait intervenir dans les quatre ans à venir. Ce n’est pourtant que dix ans plus tard, le 25 août 1899 que le Département signait une nouvelle convention pour la ligne Celleneuve-Montbazin qui devait passer à Cournonterral. La loi d’utilité publique fut votée le 15 mars 1900. La ligne ne fut ouverte que le 6 septembre 1902.
Entre temps le phylloxéra, de 1873 à 1880, avait ruiné le vignoble et donc l’économie de la région. La viticulture connut ensuite un regain de vitalité. Le transport, via l’Intérêt Local fut alors à son comble, mais pour une courte durée. La déclaration de guerre en 1914 mis un frein sérieux     à la production. Pendant les hostilités le trafic continua certes, les hommes du front avaient bien besoin du vin qui constituait leur seul réconfort, mais faute de main d’oeuvre, le chute de la production fut considérable. L’économie locale s’en trouva fort bouleversée et la Compagnie d’Intérêt Local se retrouva dans d’inextricables difficultés, tant et si bien qu’elle fut rachetée par le Département en date du 30 novembre 1928. Ensuite le transport routier se développa rapidement. Il fut alors décidé le 17 mai 1935 de suspendre le traffic de voyageurs sur toutes les lignes, à l’exception de celle de Palavas. Le transport de marchandises ne fit que péricliter jusqu’à l’arrêté de déclassement signé par le Président Albert Lebrun le 16 novembre 1939. Il ne fut entériné que le 4 mars 1942 pour causes de nouvelles hostilités.
Il nous reste de cette ligne plusieurs ouvrages dont le plus spectaculaire est le viaduc à cinq arches sur le Coulazou.


JEUX DE LUMIERE SUR LE VITRAIL


LE TOUAT

Parmi les lieux emblématiques de Cournonterral, un ne manque pas de susciter curiosité et interrogation, il s’agit du Touat. D’abord l’origine du nom est quelque peu confuse, on ne retrouve pas ce terme dans la lexicologie occitane, sauf dans le lexique de Max Rouquette, sous l’orthographe «toat» et la traduction de «conduit». En langue berbère touat signifie «localité habitée». L’origine doit donc se situer ailleurs et pourrait faire l’objet de recherches. La propriétaire de ce tènement s’appelait Marie Bosc. Elle fit le voeu, si les hommes de sa famille revenaient indemnes de la guerre de 14-18, d’édifier sur ce site «un chemin de croix».  Tous les hommes, excepté un qui avait perdu une jambe au combat, étant revenu, certes traumatisés, mais saufs, elle s’appliqua à tenir sa promesse. Nous pouvons encore constater la difficile accessibilité du terrain, l’absence de chemin y menant, juste un étroit sentier, la forte déclinaison le précédant. Nous pouvons donc imaginer sans peine la complexité de la tâche, pour y amener les matériaux et les statues toutes de bronze constituées.  Parmi les arbres nombreux et somptueux, en particulier quatre magnifiques chênes plusieurs fois centenaires, Marie Bosc avait fait installer une grande dalle et autour des pierres faisant office de sièges. Elle y avait fait inscrire «gens qui passez, reposez-vous mais respectez ce lieu». La formule insuffisamment gravée, a disparu avec le temps. Outre les symboles liturgiques, Pièta, croix, anges..., elle y fit creuser un bassin destiné aux oiseaux. L’été il n’était pas rare de la voir, arrosoir plein d’eau à la main, se diriger vers le Touat pour remplir le bassin.
 Marie Bosc disparut en 1926. Célibataire sans enfants, c’est sa petite nièce, Mme Françoise Villiers-Moriame qui hérita de ce lieu. C'est elle qui nous raconte cette histoire, qui égrène bien précisément ces souvenirs. Elle nous décrit sa grand-tante comme un personnage un peu fantasque, mais au caractère bien trempé. Mme Vililers-Morame a continué a entretenir consciencieusement ce lieu, y faisant régulièrement effectuer des débroussaillages, et en veillant à la bonne conservation des objets exposés. Mais elle déplore les dégradations nombreuses et successives, les incendies, volontaires ou pas. Elle s’inquiète enfin pour l’avenir de ces vestiges, témoignages indirects de la première guerre mondiale dont on commémore le centenaire. Mais il est vrai que de dramatiques évènements récents ont quelque peu occulté cette célébration.


Photos de Benoît Puech





En vue de la conception de la deuxième exposition sur l’histoire des pénitents, plus ciblée sur la période s’étalant de la Révolution à la guerre de 14-18 et concernant Cournonterral et les villages voisins, nous sommes allés à la rencontre des personnes veillant à la restauration ou la conservation des chapelles de Gigean, Montbazin, Poussan et Villeveyrac. Pour ces quatre villages nous avons constaté quatre histoires différentes.
La chapelle des pénitents de Gigean, jouxtant l’ancienne église, a été restaurée grâce à l’obstination d’une petite association, portée surtout par M. Boularan. C’est lui qui nous a reçu dans cet édifice dont la restauration n’est pas terminée, mais tout de même bien avancée. Restent quelques gros travaux que l’association en manque de moyens financiers n’est pas en mesure de programmer dans l’immédiat. La paroisse en est la propriétaire.
A Montbazin, Jacky David, auteur de plusieurs ouvrages sur l’histoire du village, nous a fait visiter l’ancienne chapelle des pénitents. Aujourd’hui maison privée, c’est avec énormément de gentillesse et de passion que la propriétaire des lieux nous a fait parcourir les différentes pièces de son lieu de vie. Il faut beaucoup d’imagination, stimulée par les indications historiques de Jacky, pour concevoir une chapelle dans ce lieu aménagé. Les traces sont pourtant toujours présentes, tels murs intérieurs, restes des remparts, vestiges de colonnes et d’ogives, ainsi que la crypte qui a été vidée il y a quelques années d’une partie de son ossuaire. La propriétaire y poursuit des fouilles et a grand espoir d’y faire certaines découvertes. La dernière chapelle des pénitents en date, la chapelle Saint Pierre, a, elle, été considérablement restaurée. Bel édifice de style pur roman, elle domine le village, la rivière la Vène et la garrigue toute proche. Propriété de la commune, elle est aujourd’hui un espace culturel où sont présentées des expositions et des concerts.
A Poussan nous avons été reçus par M. Fabrice Bertrand, auteur de plusieurs ouvrages sur l’histoire locale. Il nous a retracé l’histoire la chapelle qui cache derrière une magnifique façade un intérieur délabré et dont la restauration se révèle couteuse et délicate. L’association propriétaire détient plusieurs pistes pour l’entreprendre. La bâtisse présente un volume imposant qui, nous dit M. Bertrand, présentait au temps de sa splendeur de nombreuses pièces d’art religieux de grande valeur. Poussan, en effet, était alors occupé par de très riches familles, ayant fait fortune dans divers secteurs et faisant preuve de générosité envers la confrérie. De nombreuses pièces ont été rapatriées dans l’église, nous avons pu admirer de  toiles de grande qualité, ainsi que de très belles reliques et sculptures. Le nombre impressionnant de pièces pourrait constituer un important musée. M. Bertrand organise des visites du village, son érudition et son talent pour parler de l’histoire et des vestiges nous incitent à prendre à nouveau rendez-vous avec lui pour profiter de ses connaissances.
A Villeveyrac nous avons rencontré une toute autre histoire. Car dans cette commune, la confrérie des pénitents existe toujours, composée de trois hommes et quatre femmes, certes plus très jeunes, mais poursuivant encore l’histoire et l’engagement spirituel des pénitents. La chapelle, imposante par sa façade et son volume, est donc en très bon état, du fait qu’elle a toujours été occupée et bien entretenue. Mais nous avons senti une certaine inquiétude chez les membres de la confrérie que nous avons rencontrés. Bien que soutenus par l’association des amis de la chapelle de Villeveyrac, ils ne cachent pas leur appréhension concernant l’avenir de leur patrimoine.



Après une première exposition retraçant l’histoire générale des confréries de pénitents, les Amis de la Chapelle ont décidé de poursuivre les recherches sur l’histoire locale des pénitents. Chacun de nos villages portent le nom d’une rue des Pénitents, d’une chapelle des Pénitents... C’est dire à quel point ces confréries ont marqué l’histoire de nos communes. Laïques, les pénitents exerçaient une activité professionnelle, avaient une vie familiale, des responsabilités politiques. Au-delà des convictions religieuses c’est dans cette représentation et dans le témoignage de ces hommes et femmes -en nombre plus restreint il est vrai- que les recherches vont s’effectuer.
 Le groupe constitué de Mmes Jacqueline Bouvier, Monique Dandréa, Marie-Paule Rives et M. Michel Puech travaille en collaboration avec le GRAC (Groupe de Recherche sur les Archives de Cournonterral), Mmes  Eliette Bonnel, Pierrette Gachon, Francine Monier, M. Richard Escobossa et Jacques Caron, le CRPM (le Centre de Recherche sur le Patrimoine Montbazinois) en la personne de M. Jacky David. M. Louis Secondy historien bien connu, auteur de plusieurs livres sur divers thèmes de l’histoire locale et M.Guy Laurans, sociologue, auteur d’une thèse et de plusieurs articles sur les confréries méridionales, nous ont proposé leur aide, que nous avons, bien entendu, acceptée avec grand plaisir.
 L’objectif est donc d’explorer l’action de ces confréries à Cournonterral et dans les villages voisins, de saisir leur implication dans la vie de ces communes, de comprendre les relations qu’ils ont pu établir, avec le clergé tout puissant, avec les institutions, avec les populations et de cerner à travers les archives l’organisation et la vie quotidienne dans ces communautés humaines. Peu d’archives antérieures au XIXème siècle subsistent. Nous avons donc décidé de nous pencher sur le XIXème, époque charnière de l’histoire de ces confréries, entre un XVIIème florissant et une décadence annoncée. Nous disposons d’un certain nombre de documents, manuscrits la plupart, qui restent à décrypter. Nous souhaitons également recueillir des témoignages, et pourquoi pas d’autres documents sur cette histoire méconnue, nous lancerons donc un appel à participation. L’objectif est de monter une exposition faisant suite à la première et mettant l’accent sur l’histoire locale des confréries de pénitents au XIXème siècle. Les membres du GRAC souhaitent ajouter un chapitre concernant les pénitents au livre qu’ils sont en train d’écrire sur l’histoire de Cournonterral à l’appui des nombreuses archives qu’ils ont pu consulter et accumuler depuis une quinzaine d’années. Prochainement un appel à souscription sera lancé pour leur permettre d’imprimer cet ouvrage.


Chapelle des Pénitents de Cournonterral

hISTOIRE DE LA cHAPELLE

L'origine même du bâtiment abritant la confrérie reste difficile à établir. D'après les compoix (cadastres servant à la répartition des impôts), une maison particulière aurait été achetée par les Pénitents pour y établir le siège de la confrérie.

 Ce que nous apprennent les archives : c'est en 1650 que le pape Innocent X accorde un titre perpétuel à la confrérie des Pénitents Blancs de Cournonterral, "un titre spécial unique et perpétuel pour le maintient d'une société déjà établie et qui ne pourra à l'avenir être dissoute, formant une confrérie de frères et de soeurs qui concourent ensemble à exercer des oeuvres de piété et de charité."

 Il est noté qu'en 1703 des patrouilles sont organisées dans les faubourgs pour assurer la protection de la chapelle menacée par quelques troubles.

LES AMIS DE LA CHAPELLE

L'association des Amis de la Chapelle est garante de l'entretien, la gestion et l'animation de la Chapelle. Ce bâtiment dont la rénovation s'est achevée récemment par la pose des vitraux réalisés par M. Armand Borrell offre, au centre du village un lieu exceptionnel pour des manifestations culturelles de différentes expressions : son architecture favorisant une remarquable acoustique pour les prestations musicales, sa galerie aménagée à l'étage peut accueillir dans de très bonnes conditions d'espace et d'éclairage des expositions de peinture, dessins, gravures, patchworks, photographies...

L'association propose la location de la Chapelle pour certaines manifestations aux associations ou artistes à certaines conditions. L'association propose aussi un programme d'animations.


En 1791, un arrêté du Directoire de Montpellier demande que la chapelle des Pénitents Blancs soit prêtée pour rendre un culte à l'Etre Suprême.
Le 7 octobre 1792, à la suite de l'interdiction des confréries, un inventaire est effectué dans la chapelle. Le 2 décembre 1804 la chapelle est mise en vente au titre des biens confisqués par le gouvernement français. Jean Masson se porte acquéreur pour la somme de 1550 francs. Il déclarera plus tard l'avoir acquise au titre de trésorier de la confrérie qui quoique dissoute avait perduré.
En 1818, une partie du jardin attenant à la chapelle fut achetée par les pénitents pour procéder à un agrandissement de leur lieu de culte, "L’an 1818 et 23 août à l’issue des vêpres le prieur et le sous-prieur ont assemblé le Conseil de la Confrérie de Pénitents Blancs et ont dit «frères, notre chapelle est fort petite, vous voyez le nombre de frères qui augmente en pouvant nous placer surtout les jours de grandes solennités dans notre chapelle.»
 Le Conseil après avoir entendu le dire du prieur et sous-prieur approuve que cette réparation à faire est de toute nécessité, avons observé que  comme cette dépense à faire est assez coûteuse, il convient de convoquer une assemblée générale pour que tous les frères puissent prendre part à cette délibération, ce qui a été fait de suite à son de cloche. Les frères réunis dans l’enceinte de la chapelle ont unanimement délibéré qu’il sera fait un achat d’une partie du jardin du frère Cambon attenant à la dite chapelle qu’il nous a offert de nous vendre, ce qui a été fait de suite."

C'est ainsi que furent construits le chœur et les deux chapelles latérales.

En 1940, la chapelle servît de logement aux réfugiés venant du nord de la France et de Belgique.

En 1943, les derniers Pénitents Blancs, ne pouvant faire face à l'entretien du bâtiment du fait de leur petit nombre, vendirent la chapelle à l' Association Diocésaine. La paroisse en resta cependant le propriétaire canonique.

En 1962, la sacristie et le jardin attenant furent vendus au voisin.

Pendant une dizaine d'années, la chapelle servit de lieu de culte épisodique. Puis fut désaffectée et finit par tomber en ruine. La chapelle tomba progressivement dans l'oubli ; nul ne remarquait plus ce bâtiment pourtant situé en plein cœur du village, avec son clocher veuf de toute cloche, un fantôme de toiture et une porte qui tenait par habitude. Seuls, les "anciens cournonterralais" conservaient un vague souvenir de son existence.En 1992, une association fut créée sous l’impulsion de Jacques et Marie-Louise RELIAUD dans le but de restaurer la chapelle et de l'aménager pour permettre son utilisation à des fins pastorales et culturelles, et pour en assurer l'entretien et la gestion.
Cette association : " Les Amis de la Chapelle des Pénitents " a pour but de restaurer le bâtiment pour lui donner un nouveau souffle.

Quand les portes de la chapelle s'ouvrirent force fut de constater les dégâts du temps et de l'abandon : le toit largement effondré laissait voir le ciel. Des statues, un chemin de croix, quelques meubles avaient courageusement échappé à l'outrage du temps. D'hétéroclites objets venus d'on ne sait où complétaient l'ensemble. La chapelle n'était plus qu'un grenier.

L'association avec l'aide de l'A.N.P.E dans le cadre de la formation professionnelle des jeunes sans qualification put mettre en place un chantier pour la rénovation de la chapelle. Cinq mois durant, des jeunes du village ont travaillé à la réfection de la chapelle sous la direction d'un compagnon du devoir de Nîmes. Après leur départ les travaux étaient loin d'être terminés.

Des subventions des organismes locaux furent allouées à l'association pour continuer l'ouvrage, mais cela ne suffisait pas. Alors les Amis de la Chapelle ont joué pendant un an les " vide-greniers ", récoltant et vendant livres, vaisselle, objets divers… et cela tous les samedis matins, soutenus par la population heureuse de contribuer , par leurs achats, à la restauration de leur patrimoine.

Une fois terminée, la chapelle fut inaugurée le 14 janvier 1995.

Les travaux d’aménagement se sont poursuivis avec la pose des vitraux réalisés par M. Armand BORRELL filtrant la lumière de façon harmonieuse par leur graphisme élégant et leur couleurs pastels.

Un bureau nouvellement élu va poursuivre le rôle de l’association : entretien, gestion et animation de la chapelle. L’exposition sur l’histoire des pénitents inaugure une série de projets -conférences, concerts, expositions...- qui tâchera de faire vivre ce lieu et d’en faire en toute convivialité une scène d’enrichissement culturel.


Cournonterral est surtout connu pour son carnaval, les Pailhasses, qui a lieu chaque année le mercredi des Cendres. Il est présenté comme la commémoration d’un fait d’armes, à la suite d’un litige entre les habitants de Cournonterral et ceux d’Aumelas à propos de coupes de bois. La légende veut qu’au milieu du XIVème siècle, suite à l’agressivité des aumelassiens qui voulaient empêcher les gens de Cournonterral de s’approvisionner en bois dans les forêts communales et seigneurales, les gardes sous la houlette de l’officier Pailhas, se mobilisèrent. Le visage masqué d’une peau de blaireau et déguisés de façon fantasmagorique, ils assaillirent les gens d’Aumelas et se vengèrent de l’offense. La victoire fut fêtée comme il se doit avec force libations. Les gardes, énivrés, éventrèrent les barriques et se roulèrent dans le vin répandu à terre. Outre cette légende, ou fait historique, le dilemme n’ayant pas été tranché, il est probable que cette fête soit une survivance des carnavals qui existaient un peu partout. Fête païenne par excellence, célébrant la fin de l’hiver, la renaissance de la nature et l’inversion des rôles sociaux, la fête des Pailhasses met à l’honneur deux «pépettes», effigies à dénomination fixée en fonction des évênenements survenus dans la commune au cours de l’année. Elles sont jugées et brûlées à la fin de la fête lors d’un cérémonial qui dénonce avec humour et dérision certaines personnalités ou faits divers. Le mercredi des Cendres le village est fermé, interdit à tout véhicule, de 15h à 18h, lorsque a lieu la confrontation des blancs et des pailhasses. La particularité de ce carnaval est le rejet de tout spectateur : tout individu présent sur les lieux doit participer à ses risques et périls.

LE COULAZOU
La rivière prend sa source à la Boissière et se jette dans la Mosson au niveau de Villeneuve les Maguelonnes. Il se jetait jadis dans la plaine de Launac qui était alors constituée de marais. Ce sont les templiers qui dévièrent son cours jusqu’à la Mosson, afin de dégager des terres et pouvoir les exploiter. Il subsiste dans cette plaine d’anciennes templeries : Launac, Launac Saint André, Launac Saint Louis., ainsi que ce qui fut probablement un monastère, l’ancien bâtiment de la Barthe.
LE PARC
Ancienne terre seigneurale, entre les rempart et le Coulazou s’étale le Parc, appelé il y encore quelques années, la Vigne du Parc. Un trou fut creusé en 1656 dans les remparts afin de permettre le passage des gens et du bétail pour qu’ils puissent s’approvisionner en eau et s’abreuver.
En bordure du Coulazou subsistent quelques mûriers, vestiges de l’élevage du vers à soie qui fût une activité importante dans les années 1880-1920.


L’EGLISE
Elle date de 1819. Elle a été reconstruite sur celle du XIVème siècle. Elle est d’aspect simple et massif. Le fronton, les pilastres, les volutes sont d’imitation ionique, rappelant la passion du XIXème siècle pour l’art grec.

LA VOIE DE CHEMIN DE FER
Une première voie, dite du Midi, avait été construite, reliant Montpellier à Paulhan. Mais la gare était jugée trop éloignée du village. Le chemin de fer était alors indispensable pour l’acheminement du vin jusqu’aux entrepôts de Bercy. Chaque commune voulait y avoir accès, ce qui a occasionné de grandes envolées oratoires lors de conseils municipaux et quelques interventions passionnées à l’Assemblée nationale.
Une deuxième ligne, dite d’Intérêt Local, fut créée en 1870. Elle reliait Montpellier-Chaptal à Agde. Mais de nombreux procès pour corruption, détournement d’argent... retardèrent la mise en service. Elle ne put être effective qu’à la fin du XIXème siècle, alors que se développait la crise due au phyloxéra et que se préparait le conflit de 1914. Après faillite et remise en service difficile la ligne s’ouvrit au transport des voyageurs, mais le trafic fut suspendu en 1935. La décision de déclassement fût entérinée le 4 mars 1942. L’exploitation fût fermée le 1er janvier 1953. Plusieurs ouvrages subsistent sur la ligne, dont le pont qui fût bâti par l’architecte Giral. Il est composé de cinq arches, il mesure 100 mètres de long et s’élève à 57 mètres au-dessus du Coulazou.